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dans SANTE & SPORT

Mon premier triathlon

  • 3 octobre 2018
  • By Marwa
  • 1 Commentaires
Mon premier triathlon

Samedi dernier je participais à mon premier triathlon format XS découverte : 250m de natation / 12km de vélo / 3km de course à Locquirec en Bretagne. 

Le triathlon demande plus d’équipement que la course à pied : Un vélo de route, une combinaison de natation, bref, il faut investir. Seulement, comme je voulais simplement découvrir la discipline et voir si ça me plaisait, je ne voulais pas investir dans plein de matériel, surtout pour une distance XS qui devait se faire assez rapidement. Je suis donc partie avec un VTT (autorisé sur les courses XS) et sans combinaison de natation parce que investir dans une combi à 130€ pour 250m de natation, ça m’embêtait carrément ! Surtout si mes péripérties en triathlon devaient s’arrêter après ce jour là.

Je me souviendrai longtemps de cette course où j’ai fini première féminine… en partant de la fin 😀
Que dire de cette journée ? Eh bien déjà il faisait très froid, le vent était déchaîné avec des rafales à 70km/h. Autant vous dire que comme je me suis réveillée le matin même avec un début de rhume, la météo commençait à me décourager.

Mon premier triathlon

J’ai fait la connaissance de Bruno sur un groupe de triathlon quelques jours avant la course et franchement sa présence a été d’une grande aide.  Nous sommes allées récupérer nos dossards, nous nous sommes mis en tenue et direction le parc à Vélos. Premier stress : j’étais une des rares personnes avec un VTT. J’ai dû voir 3 ou 4 personnes comme moi mais c’était tout.

J’avais une simple trifonction qui normalement fait aussi office de tenue pour la natation comme elle est faite pour sécher vite. La trifonction se porte sur les 3 épreuves, comme ça, pas besoin de se changer. Arrivée dans le parc à vélo je vois que tout le monde a une combinaison de natation… sauf moi. Et en voyant la météo, le vent et le froid, je commence à me dire que j’ai peut être fait une connerie et que je vais avoir très très froid dans l’eau ! D’après le speaker la mer était à 16°.

Mon premier triathlon

10 minutes avant le départ, on nous demande d’aller sur la plage. Je quitte donc mes chaussettes et ma veste à contre cœur et on se dirige vers la masse de triathlètes. J’ai tellement froid à ce moment-là ! Les femmes devaient partir 5 minutes avant les hommes mais le départ tarde à être donné. Y a des consignes dans tous les sens, on nous parle d’un trajet modifié car la mer était beaucoup trop agitée et il y avait trop de vagues. Je grelotte mais je vois que je ne suis pas la seule. Même ceux qui avaient une combi avaient très froid. Le vent souffle de plus belle et ne semble pas vouloir se calmer.

Je discute à droite et à gauche avec d’autres triathlètes pour me rassurer un peu. Enfin après une longue attente on nous annonce un départ modifié et un parcours à l’australienne. Donc deux tours dans l’eau et sortie de l’eau entre chaque tour en courant sur la plage. Et départ mélangé hommes/femmes. Là toutes les femmes se mettent à râler parce qu’elles ne voulaient pas faire un départ mixte pour ne pas se faire bousculer dans tous les sens. Donc on se décale toutes à l’arrière et on laisse les hommes passer devant.

Comme pour compléter ce tableau chaotique, la pluie se met à tomber. On a pas le temps de trop y réfléchir, le départ est donné, on commence à courir vers l’eau.

Et là, c’est la panique à bord. Mon cœur monte dans les tours et je suis saisie d’une grande panique. Je saute dans l’eau, elle est froide mais je n’y fais pas trop attention tellement je flippe. Les vagues sont trop puissantes et personne n’arrive à faire du crawl. Ça nage n’importe comment, tout le monde essaye juste d’avancer et ça crie dans tous les sens. Je me prends une première vague en pleine face, je bois la tasse et l’eau est tellement salée que ça m’écœure. J’essaye de suivre le mouvement des vagues pour avancer, oublié le crawl, c’est la nage du n’importe comment. Je n’arrive pas à me calmer, tout mon torse et mes bras me font mal, je ne sais pas si c’est à cause du froid ou l’angoisse.

A chaque fois que l’eau rentre dans ma bouche ça me donne la nausée, l’eau a un goût horrible, j’ai envie de vomir. Je finis ce premier tour tant bien que mal, j’arrive sur la plage et je cours pour le 2eme tour où on était déjà beaucoup moins nombreux donc plus d’espace. J’essayé de nager un peu mieux cette fois mais avec les vagues c’est difficile de garder un semblant d’organisation.

Bref, je finis ce 2eme tour et je sors de l’eau, je regarde derrière moi, il ne reste plus que 5 personnes dans l’eau. Je cours vers mon vélo, je m’essuie vite fait, je mets mon casque, mes chaussures et je bois de l’eau pour rincer ce goût horrible d’eau salée. Je file avec mon vélo et la pluie continue de tomber.

Mon premier triathlon

Je commence à pédaler, pour le moment tout va bien. La pluie s’intensifie mais j’ai mon casque et mon coupe-vent donc ça va. Et puis là, au bout d’à peine 1 km, on a déjà une très grosse côte. Je pédale dans la choucroute et je me fais dépasser par tous ceux qui étaient derrière moi. La côte me semble interminable, j’ai les cuisses en feu. un VTT déjà c’est plus lent qu’un vélo de route alors dans une côté je vous raconte même pas!

Je m’accroche et enfin la délivrance, un peu de ligne droite et de la descente. Normalement à chaque intersection il y a des bénévoles pour nous indiquer par où aller ou une barrière en métal pour ne pas se tromper de chemin. En bas de la côte j’arrive vers une route qui se sépare en deux et aucune indication. Je prends la route qui descend mais je m’arrête au bout de quelques mètres, ça ne me semble pas être le bon chemin. Je fais demi-tour et je vois la voiture balai qui arrive avec un cycliste devant. Je lui demande par où il faut continuer et effectivement c’était l’autre chemin. Je ré-attaque donc et j’arrive au pied d’une 2ème côte, plus courte cette fois mais tellement plus raide!!! J’y mets toutes mes forces, pas habituée à monter des côtes en vélo, manque d’entraînement. C’est tellement dur.

Je commence à me dire que c’est mal parti cette course. Je pédale, je pédale mais je n’avance pas. J’entends la voiture balai derrière moi et ça me stresse. Je zig zag pour avancer pour ne pas que mon vélo s’arrête tellement je suis lente. Je vois le chrono filer et je me dis que je dois être tellement à la ramasse par rapport aux autres. Je me demande si je ne vais pas être disqualifié à cause de ma lenteur.

C’est à ce moment-là que la voix vicieuse dans ma tête me dit «Abandonne tu n’y arriveras pas. C’est une petite course et tu as déjà du mal. Tu n’es pas de taille! ». Cette voix elle surgit souvent durant les courses quand je suis au plus mal, quand je me bats mentalement contre mes limites physiques. Quand tout mon être me crie d’abandonner et de le délivrer de cette souffrance.

A ce moment là je pense à mon mari, et je me dis que je ne peux pas abandonner. Sinon quel récit je vais lui ramener ?

Je pousse donc, je hurle, je continue de faire mon zig zag, j’entends les bénévoles qui me poussent et j’arrive en fin en haut de cette maudite côté. Mes cuisses me brûlent tellement que j’ai du mal à accélérer même sur le plat. Mais au bout de quelques minutes ça va mieux. La pluie tombe de plus belle mais ça me glisse par dessus je n’y prête même pas attention. Je suis en fin de peloton et à part le monsieur assez âgé qui m’avait dépassé sur cette côte il n’y a personne.

La route redevient plate, descend même un peu et j’arrive à grappiller un peu de vitesse, 17km/h, 19km/h, 22km/h, ouf ça va mieux. Je me dis que le plus difficile est derrière. J’entends toujours la voiture balai derrière moi donc ça me pousse à avancer. Et à un moment la route fait demi-tour et là je vois tout le bouchon de voitures qui s’était créé derrière moi. Oups… ! 🚗🚕🚙🚛🚚

Il y a eu encore deux côtes vers la fin mais ça a été. Plus je me rapprochais du parc à vélo plus je croisais de triathlètes qui avaient fini et qui se dirigeant vers leurs voitures. Gloups, je suis sacrément à la bourre. Dans le dernier virage je dépasse le monsieur qui était devant moi et j’arrive enfin au parc à vélo. Tout le monde était en train de se changer et évacuer. J’entends des encouragements par-ci par-là : « Allez Madame », je souris .Je pose mon vélo, j’enlève mon coupe-vent et je file pour la partie course à pied.

Mon premier triathlon

Là, la sensation est très bizarre. J’ai l’impression d’avoir les jambes anesthésiées. Elles flageolent ! Je commence à apercevoir avec espoir des personnes qui étaient devant moi. Je me dis cool, je rattrape du monde ! Et bien non, il y avait deux tours de CàP et ils étaient à leur 2eme tour. Donc hop hop hop je gambade, cette partie se passe sans trop de souci, et à peine le temps de s’échauffer que c’est fini. J’arrive sur la plage, il n’y a plus personne, l’arrivée est tout à moi, et Bruno est là pour immortaliser ça. Je suis avant dernière.

1h18min51sec.

C’est fini.

 Mon premier triathlon

Une première expérience marquante vu les conditions. Je crois qu’on ne peut pas avoir pire en termes de météo. Je suis tout de même contente que la natation n’ait pas été annulée même si j’ai eu très peur durant cette partie. Au moins j’aurais fait les 3 épreuves qui composent le triathlon.

A la fin j’avais un grans sentiment de satisfaction et de fierté. Je l’ai fait, j’ai résisté.

Est-ce que ça m’a donné envie d’en faire d’autres ? Eh bien la natation m’a vraiment fait peur, pas habituée à nager en mer donc il va falloir bosser ça et puis surtout investir dans un vrai vélo de route. C’est certain, l’année prochaine je récidive et je pars prendre ma revanche.

Mon premier triathlon

Par Marwa, 3 octobre 2018
  • 1
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Boisson de l'effort
1 Comment
  • Lire à la folie
    3 octobre 2018

    Sacré expérience, il faut du courage pour se jeter à l’eau à Locquirec à cette période l’année!
    Super battante comme toujours, le prochain se passera mieux 🙂

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