Back to home
dans SANTE & SPORT

Marathon de Paris 2018

  • 29 avril 2018
  • By Marwa
  • 2 Commentaires
Marathon de Paris 2018

L’impitoyable marathon.
Tu arrives avec tes idées et tes objectifs, et l’épreuve te remet à ta place, te rappelle que c’est elle le boss et que si tu manques d’humilité et de réalisme, tu vas passer une sale course.
Je me suis inscrite au Marathon de Paris en avril 2017, dès que les inscriptions se sont ouvertes. Ce fût donc un an d’impatience et d’excitation, en me disant que j’allais vivre un marathon génial et inoubliable. Il sera en effet longtemps gravé dans ma mémoire, mais pas pour les mêmes raisons.
Je suis arrivée à ce marathon en me disant que ça allait être une balade, une sortie longue. En effet, comme je vous l’avais annoncé, ce marathon fait partie de la préparation d’un autre objectif, donc j’y suis allée sans pression. J’avais pour objectif de tester mon allure, donc 5h de course, un objectif largement à ma portée. Nous sommes parties ensemble avec une amie qui avait comme moi un objectif 5h.

Marathon de Paris

Les 10 premiers km se passent bien mais on a très chaud. Mon amie commence à avoir des problèmes gastriques et la chaleur fait trop monter son cardio donc on ralentit un peu. De mon côté ce début de course est difficile musculairement. Mes jambes sont raides et mettent du temps à se détendre. Au km13 ma douleur au pied droit se réveille mais je l’ignore.
Ça devient difficile pour mon amie alors j’essaye de la booster de mon mieux. On ralentit beaucoup, on alterne course et marche, les minutes et l’objectif 5h s’envolent. Mais le chrono m’importe peu désormais. Je veux l’aider à aller au bout et je m’inquiète de son état. Mais ça devient aussi difficile pour moi d’être en dessous de mon rythme ainsi. Donc au semi-marathon je la lâche, je lui fais promettre d’aller au bout même si c’est difficile. Je m’en veux de la laisser, de faillir à ma promesse et je penserais beaucoup à elle par la suite.

Je reprends mon rythme de 7min au kilomètre, j’ai très très chaud, mais j’avance. Et puis aux alentours du kilomètre 24, le soleil, la chaleur finissent de m’achever. J’explose.
J’ai envie de vomir et je n’arrive plus à manger, j’ai trop chaud et impossible de me refroidir malgré les jets d’eau répétés sur mon visage, ma tête, mes bras. Je regrette de ne pas avoir de casquette pour me couvrir la tête. J’alterne course et marche. Je ne peux pas courir trop longtemps sous peine de vomir et quand je vois les personnes qui ont fait des malaises le long de la route, ça me fait froid dans le dos, je ne veux pas me retrouver là. Si je flanche, les secours ne me laisseront pas repartir, cette option n’est pas envisageable.

Marathon de Paris

Les larmes me montent aux yeux et j’ai la gorge nouée. J’ai envie de m’effondrer, je ne comprends pas ce qui m’arrive. Ce n’est pas ce qui était prévu, j’étais censée faire une longue balade tranquille. Et pour couronner le tout, des douleurs très vives apparaissent sous mes deux plantes de pieds, comme des couteaux. A partir de ce moment je sais que je ne finirais la course qu’au mental. Je m’accroche coûte que coûte. J’essaye de me rappeler pourquoi je suis là, pourquoi je fais ça. Je pense à toutes les personnes qui suivent ma course, ma cousine qui est venue me voir et qui m’attend au km36, je n’ai pas le droit de les décevoir, et je n’ai pas le droit d’abandonner. Je m’accroche à ce que je peux. Je me fixe des objectifs intermédiaires, les amis au km30, km34, km40, ma cousine au km36. Merci à vous tous. Votre présence a été d’un soutien incroyable.

Je vois beaucoup de gens qui sont comme moi, à bout, qui marchent. Nous sommes une armée de zombies qui avance péniblement. Il y a plus de marcheurs que de coureurs. Je pense à mon amie. Je me dis que si moi je souffre autant, qu’est ce que ça doit être pour elle. J’espère qu’elle va bien et qu’elle va pouvoir aller au bout. J’apprendrais par la suite qu’elle a fini en 5h55, une vrai guerrière.

Beaucoup de doutes m’ont traversé l’esprit durant ces longs et pénibles kilomètres : Je ne suis peut-être pas à la hauteur, je devrais peut-être arrêter les marathons, la course. Comment après un tel échec vais-je pouvoir affronter mon gros objectif de l’année ?

Je marche, je cours, je marche, je retiens mes larmes, je demande à mon corps de tenir encore un peu. Et au bout de 5 heures 34 minutes et 38 secondes de lutte, je franchis la ligne d’arrivée. Complètement vidée. Bon je fais quand même bonne figure pour le photographe à l’arrivée.

Marathon de Paris

Et maintenant ?
Maintenant il va falloir digérer cette course, la déception, les doutes. Moi qui me plaignait de n’avoir couru que des marathons sous la pluie, je préfère largement le froid au soleil finalement ! Le marathon apprend l’humilité. Il ne faut jamais sous-estimer cette distance. J’avais besoin de cette claque mais si j’ai eu un peu de temps à m’en remettre. Le contre-coup du Marathon de Paris a été difficile. C’est certainement pour ça aussi que j’ai mis du temps avant de publier ce compte rendu. Mais chaque expérience est bonne à prendre et ça me servira bien pour la suite. Je sais quelles ont été mes erreurs et comment ne pas les refaire. Après Rennes et Nantes voilà aussi le Marathon de Paris dans mon palmarès. 😉

Si vous avez loupé la vidéo de la course, vous pouvez la visionner sur YouTube.

Par Marwa, 29 avril 2018
  • 2
Mon premier trail
Boisson de l'effort
2 Comments
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Please check your instagram details.